Aventure Cycliste en Normandie de jour et de nuit
Samedi 14 h, Pavilly (près de Rouen), grand soleil et pas de vent : nous sommes 41 sur la ligne de départ. C’est pleine d’excitation pour mon premier 400 km (230 max avant) que je m’élance.

On me l’a dit et redit : pas trop d’enthousiasme, il faut réserver ses forces. Dur quand le gros du groupe part à pleines balles, avec des meneurs qui tiendront les 40 km/h sur les premiers cent kilomètres !
Première côte, joliment nommée la côte de l’enfer, le groupe s’étale. Je cherche mon rythme, roule avec les uns et les autres, et au bout de 2 h rejoins Michaël et Laurent, vétérans du Paris-Brest-Paris 2019, qui se relancent dans l’aventure en vue de l’édition 2027. Nous discutons bien, la route défile tranquillement, d’autant qu’il y a peu de dénivelé. Un peu de fatigue au soir tout de même, mais l’arrivée de la nuit me booste : rouler dans la campagne sous les étoiles est magique.
Nous arrivons à Alençon vers minuit, et c’est un bonheur de trouver un bar ouvert pour un petit café. Il commence à faire froid ; nous décidons de rouler plutôt que de chercher un coin où dormir 30 minutes. Et c’est le début des ennuis. Il fait de plus en plus froid : nous avions anticipé 10 °C pendant la nuit et 5°C au matin ; nous aurons entre 0° et 6° jusqu’à 8 h. Le froid est pénible, il y a plus de relief, des côtes et surtout de longues descentes dont nous ressortons frigorifiés.
J’ai mal au ventre, n’ayant pas l’habitude de l’alimentation boisson énergétique / barres / boulangeries. À cela viennent s’ajouter les douleurs d’un vélo mal réglé. Je découvre aussi que, oui, on peut s’endormir en roulant, et je ne passe pas loin de l’expérimenter !
Grâce à la bonne humeur et à la ténacité de Michaël et Laurent, nous avançons. Finalement, arrivés à Falaise, Michaël nous trouve un sas de banque à peu près chauffé où nous essayons de dormir 45 minutes ; je pense avoir un peu fermé l’œil (on m’a dit que quelqu’un ronflait, rien entendu !). Et c’est reparti : il est 5 h du matin et nous attendons le lever du jour avec impatience, car cela signifie que les températures vont remonter et les boulangeries ouvrir.
Le jour se lève, magnifique sur les collines dans les brumes, mais il semble bien loin et bien froid. Deux côtes rudes nous achèvent et nous arrivons à Pont-l’Évêque, où nous croisons des compères de mésaventures : le froid a fait ses dégâts. La halte est méritée et reposante, et nous repartons sous un beau soleil avec un nouveau compagnon de route, Étienne. Il faut maintenant de puiser dans nos réserves pour passer tout le dénivelé concentré dans la dernière partie. Je retiens les quelques centaines de mètres à 15-20 %, « juste pour le plaisir ».

La campagne normande est encore plus belle que la veille avec ses vallons verts et boisés ; une mention spéciale au pont de Brotonne, gracieux sous les trois points de vue que nous pouvons admirer. Malheureusement, entre la fatigue et les douleurs dues au vélo, cette matinée est laborieuse, je peine à tenir le rythme.

Nous sommes finalement arrivés à bon port en moins de 24 h, accueillis royalement par le club de Pavilly et leurs fameuses crêpes et gâteau de riz.
Une organisation au poil et une super ambiance : un grand merci au club ! Et bonne route à Michaël, Laurent et Étienne pour leurs prochaines aventures longue distance !
Thaïs



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